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Monthly Archives: septembre 2004

D’une sensibilité extrême, ce roman de la résurrection mène Hugo, sur le chemin d’une femme et d’un homme. L’une a perdu son enfant sur les côtes normandes, l’autre sa vie dans le désert touarègue. Au rythme lent des rites d’approche, le narrateur va apprivoiser la mort, ramener les vivants par la voix, le récit, le mythe. François Emmanuel est au sommet de son écriture, envoûtante et maîtrisée.

François Emmanuel
Le vent dans la maison
Stock

Le Goncourt récompense un roman au souffle épique. Laurent Gaudé s’attache à retracer l’enracinement d’une famille sur une terre ingrate, les Pouilles au sud de l’Italie. Une terre à l’image de la lignée des Scorta, âpre, dure mais magnifique. Ce roman commencé dans la violence finit dans la lumière par cet éloge du travail et de la fraternité qui émancipent l’homme en lui rendant sa dignité. Des personnages qu’on n’oublie pas dignes des tragédies antiques et des films néo-réalistes italiens.

Goncourt 2004

Laurent Gaudé
Le soleil des Scorta
Actes Sud

La jeune fille et la mort version Philip Roth, c’est un satyre dans les bras d’une bimbo. Son Portnoy a vieilli, a viré ses complexes, homme à femmes, il est devenu prof d’unif et un critique littéraire en vue. Des années 68, il a gardé son anti-conformisme or voilà qu’à soixante ans, il tombe éperdument amoureux d’une étudiant cubaine, bourgeoise, classique.
Ce roman, qui aurait pu être scabreux, est un émouvant testament existentiel. Un libertaire égoïste découvre qu’aimer est une belle entrave. Ecrit sous la forme d’une confession- à sa conscience ?- ce roman caustique, et sensible à la fragilité des êtres, rassemble en peu de pages tous les thèmes chers à Philip Roth.

Philip Roth
La bête qui meurt
Gallimard

Nazneen à quitté son père et son pays pour rejoindre un mari choisi à Londres. Rien de nouveau sous le smog, elle cuisine, nettoie, s’occupe des enfants sans mettre le nez dehors. Qu’a-t-elle besoin de parler l’anglais, son époux, un doux fantaisiste veille à tout. Sauf au grain. Et le grain surgit quand cette femme intelligente et curieuse décide d’apprendre à coudre, de suivre des cours et de prendre un amant.Les déchirements du monde se bousculent sous ses fenêtresdepuis la violence faite aux femmes jusqu’à la montée de l’islamisme dans la deuxième génération qui troque le jean pour le pyjama oriental. Le premier roman de Monica Ali aborde tout en nuances ces problématiques par le biais de personnages attachants sur lesquels elle pose un regard plein d’empathie, d’humour et de tendresse.

Monica Ali
Treize mers et sept rivieres
Belfond & 10/18