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Daily Archives: mars 21st, 2007

L’Ouest américain et ses grands espaces ne se résument pas à une symbiose avec la nature et les saisons qui la rythment. On y vit sans doute en plein les conflits intérieurs de l’Amérique, la contradiction entre des valeurs profondément conservatrices et une ouverture sur la diversité et la tolérance. C’est dans ce contexte que vivent les personnages de ce roman simple et généreux. Un Rancher recueille chez lui le fils d’un ami. Ni l’un ni l’autre ne ressemble au monde qui les entoure : l’un est noir, l’autre aime les garçons. On se doute que les choses ne seront pas simples. Car malgré les apparences, il reste du chemin à faire…
Il faut prendre ce roman pour ce qu’il est : une écriture efficace pour montrer la difficile cohabitation de deux mondes dans l’Amérique contemporaine.

Blessés, de Percival Everett, Actes Sud, traduit de l’américain par Anne-Laure Tissut

Les livres de Paul Auster sont toujours très attendus. Les lecteurs sont chaque fois impatients d’entrer dans l’univers d’un écrivain rarement à court d’imagination. Celui-ci a donc surpris, et les commentaires qu’il a suscités (voir les nombreuses critiques sur Internet) n’ont pas manqué : panne de l’écrivain devant la page blanche, roman mineur, etc… C’est oublier, selon nous, que les romans d’Auster sont truffés de chausse-trappes, et qu’ils parlent essentiellement de la possession de soi-même, ou pour dire en un mot, de l’identité. Ce court texte, Dans le scriptorium, ne nous éloigne donc pas de cette démarche. Un homme seul dans une chambre sans âme, hôpital ou prison on ne sait, reçoit la visite de personnages qui au départ déconcertent le lecteur. Certains sont plus affables (voire très affables, comme Anna) que d’autres. Que lui veut-on finalement, à ce Mr Blank ? En même temps, on le prie de lire un texte qui l’attend sur une petite table, et même d’en écrire la suite : histoire dans l’histoire, comme souvent chez Auster, mais celle-ci n’est pas gratuite de la part d’un Américain.
Amusement d’un auteur en toute liberté, ou métaphore de l’écrivain face à ses multiples vies, comme on voudra. C’est en tout cas très réussi, et ça ne manque pas d’humour.

Dans le scriptorium, de Paul Auster, Actes Sud, traduit de l’américain par Christine Le Boeuf.