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Daily Archives: février 2nd, 2009

Das Kapital Les amateurs d’Amérique se réjouiront. Les remarquables Editions Gallmeister qui se consacrent à la littérature de l’Ouest américain, ajoutent à leurs deux collections déjà existantes (« Nature writing » et « Noire »), une nouvelle série d’ouvrages sous le label « Americana », consacré à la « littérature de contestation et de critique du rêve américain« .
Le premier titre vient de paraître, « Das Kapital », et il est explicite : c’est une satire du capitalisme financier, triomphant jusqu’il y a peu, et un peu moins aujourd’hui. Le roman s’articule autour de trois personnages : Wayne, trader cynique qui parie sur les crises et les catastrophes pour réaliser ses gains ; le Corse, qui depuis son île fomente des attentats pour le compte du premier ; et Alix, étudiante en architecture marseillaise, qui va de l’un à l’autre. On peut imaginer comment l’histoire se terminera…
Berberian se nourrit avec humour (et approximation) de la pensée des situationnistes français, et son style se fait parfois inutilement alambiqué. Mais avec ce titre, « a novel of love and money markets« , c’est l’autre Amérique qui apparaît, celle qu’on aime.

Tant qu’on y est, rappelons ce titre paru en fin d’année chez le même éditeur, et que nous avons particulièrement aimé, L’homme qui marchait sur la lune.

Viken Berberian : Das Kapital, roman traduit de l’américain par Claro, Gallmeisetr, Paris, 192p.

vents-contrairesComment rester debout face à l’absence ? Pour ne pas sombrer davantage, Paul Anderen, le héros du sixième roman d’Olivier Adam (« Je vais bien ne t’en fais pas »), quitte la banlieue parisienne et s’installe à Saint-Malo, sa ville natale, avec ses deux enfants Manon et Clément . Sa femme Sarah a disparu il y a un an, sans un mot d’explication. Nul ne sait ce qu’elle est devenue, ni même si elle est encore en vie. Pour tenter de faire face à cette absence abyssale, Paul revient sur les lieux de son enfance.
Avec un sens aigu du romanesque, Adam touche au plus juste. Ses personnages, écorchés par la vie, se reconnaissent sans se juger. Ces êtres au bord de la rupture se rapprochent, se serrent et s’étreignent pour s’insuffler un peu de chaleur ou d’amour. Ils sont comme ces maisons de bords de mer, serrées les unes contre les autres, « poussées à l’eau par le pays tout entier, suspendues juste ¬¬au-dessus, en lisière, marginales et fragiles, menacées mais debout ». L’émotion est à fleur de pages tout au long de ce roman solaire et l’on ne peut être que bouleversé par la force du lien qui unit ce père et ses enfants.

Olivier Adam : Des vents contraires« , L’Olivier, 2009, 255p.