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Daily Archives: juin 17th, 2009

Saint-GermainAu moment de commémorer le cinquantenaire de la mort de Boris Vian, Bruno Le Floch nous entraîne dans un pseudo road-movie où Alexis, musicien de jazz et buveur invétéré, part à la recherche de sa fiancée Mary lassée une fois de trop par le retour à l’aube de son compagnon. Au volant de sa 203 de Paris à Dinard, , sur les routes de France des années soixante, Alexis voit des Mary partout. Toujours dans un style très épuré et des couleurs très douces, Bruno Le Floc’h rend hommage à sa manière au Saint-Germain-des-Prés de Vian et à l’insouciance d’une époque aujourd’hui disparue.

Bruno Le Floc’h, Saint-Germain, puis rouler vers l’ouest, Dargaud Long Courrier, 2009.

L'homme qui m'aimait tout basCe texte est sans nul doute le plus personnel et le plus émouvant que l’auteur de Un territoire fragile nous ai livré à ce jour puisqu’il s’agit du livre du père, et singulièrement de la mort tragique du père. Et pourtant, disons le d’emblée, Fottorino évite brillamment tous les poncifs et le pathos inhérent a ce type d’exercice, il le fait sans tricherie, avec beaucoup de sincérité, de pudeur et d’évidence. C’est là moins un livre de deuil qu’un livre d’apprivoisement de l’absence, d’apprentissage de la douleur puisque « de la mort on ne se console jamais ». Le récit est un poignant hymne à l’amour filial d’autant plus fort que l’auteur fut adopté par cet « autre » aimant, mais peu importe, tout est une question de choix. Eric Fottorino, en faisant de son père un héros de littérature, le rend magnifiquement à l’éternité.

Eric Fottorino, L’homme qui m’aimait tout bas, Gallimard, 2009.