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Daily Archives: janvier 24th, 2010

Abdelwahab Meddeb anime une émission hebdomadaire « Cultures d’Islam », sur France-Culture. A l’heure où l’Islam offre de lui-même une image troublée, et où son développement en Europe pose la question des valeurs qui sous-tendent nos sociétés, il est salutaire d’entendre des voix qui prennent le contre-pied des idées reçues, et qui ouvrent la perspective d’une « cosmopolitique post-occidentale ». Car l’Islam peut s’accommoder de la modernité et se détourner de la sharî’a, dit Meddeb. Seule une avancée vers une forme de laïcité peut donner à l’Islam un nouveau souffle, en le débarrassant de cet archaïsme qui consiste à ne traiter les actes que de façon binaire (enfer/paradis) et en renouant avec ses propres Lumières. Référence intense est faire ici à Ibn Arabî et aux maîtres du soufisme, cette forme mystique et tout en nuances de l’Islam. Intellectuel franco-tunisien, Abdelwahab Meddeb prolonge ici la réflexion entamée, entre autres livres, dans « La maladie de l’Islam », ou « Sortir de la malédiction ». A lire pour élargir son esprit…

Abdelwahab Meddeb : Pari de civilisation, Seuil, 16 €.

Sylvia Plath et Ted Hughes forment un couple mythique des lettres de langue anglaise. Tous deux poètes, ils se rencontrèrent à Cambridge en 1956, et vécurent quelques années de passion et de création, alliage difficile et périlleux… D’autant que Ted, aussi fort et solaire que Sylvia était fragile et lunaire, y mêlera très vite son amour pour une autre poétesse, Assia Wevill. C’est ce triangle amoureux que raconte ce livre, à la manière de Claude Pujade-Renaud : une mosaïque de voix, qui toutes reconstituent le fil d’une histoire tourmentée, marquée par le suicide de Sylvia en 1963, et celui d’Assia, en 1969. Car une voix reste silencieuse tout au long du livre, celle du « braconnier », Ted Hughes, et son silence est comme une ombre portée sur le destin de deux femmes troublantes, et troublées, jusqu’à la mort.
Trente-cinq ans plus tard, pourtant, en 1997, peu avant sa propre mort, Ted Hughes parlera, au travers du recueil des 88 lettres-poèmes qu’il n’avait cessé d’écrire à Sylvia.

En parallèle, notons l’intérêt à lire la poésie de Sylvia Plath, Arbres d’hiver (Poésie Gallimard), Ariel (Monde entier, Gallimard ; ou le même texte lu par Isabelle Carré, aux Editions des Femmes).

Claude Pujade-Renaud : Les femmes du braconnier, Actes Sud, 2010, 21 €.

Ted Hughes : Birthday letters, Gallimard (Monde entier), 19,50 €.