Sauter la navigation

Monthly Archives: mai 2019

Le corps, le savoir, le travail. C’est un autre choix de vie que pense faire Arthur Lochmann en délaissant ses études de philosophie pour devenir charpentier.
Et ainsi entrla vie solideer dans un univers fait de gestes, dont la pratique régulière à travers l’apprentissage fait l’essence d’un métier marqué de permanence. On sait en effet qu’il vient de loin, ce métier, et qu’à travers les siècles ses fondamentaux n’ont pas fondamentalement changé. Les maisons, les granges, les châteaux, les églises et les cathédrales se relient de la terre aux ciels par leur charpente, à chaque fois étudiée, mesurée, pour en assurer la solidité. C’est un savoir ancien qui se transmet et pour celui qui le partage, c’est aussi la découverte de l’humilité. On n’est jamais seul dans les hauteurs, on a besoin des autres, et on est anonyme, dans le rituel du travail.
« La charpente comme éthique du faire » dit Arthur Lochmann, et comment ne pas y penser au moment où la charpente de Notre Dame a brûlé, s’est effondrée. Un symbole d’autant plus fort qu’il se rattache à un lieu de culte. En effet, dit-il, « La figure du charpentier tient sa haute valeur symbolique d’un ancrage culturel bien plus ancien. »
Et il évoque Noé, puis Joseph, dont la filiation célèbre l’esprit du métier. Et à l’image de ce qui s’est beaucoup dit après l’incendie de Notre Dame, tant par des incroyants que par des croyants, Arthur Lochmann parle de la dualité de l’image de la charpente, liée au Christ, « auréolée d’une dignité sans égal« , et liée à « l’humilité d’un métier qui peut conférer un supplément d’universalité à son message« .

Arthur Lochmann : La vie solide, La charpente comme éthique du faire, Payot, 2019.

Publicités